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09 octobre 2019

Fête de la science et Antiquité gréco-romaine : des ateliers sur l’histoire des sciences animés par des lycéens

La Fête de la Science, une belle occasion offerte aux Hellénistes et Latinistes de première de présenter des ateliers ludiques sur l’histoire des sciences. Un exercice qui demande une solide documentation en amont et des qualités de pédagogue pour motiver et impliquer collégiens ou lycéens invités au lycée à cette occasion!

ATELIER MATHEMATIQUES

                                                ou mathémythiques…

DIDON, UNE SACREE MATHEMATICIENNE !

Dans le De rerum natura, Lucrèce mentionne le géant Tityos, emprisonné par Zeus aux Enfers.
1) Sachant que, selon Lucrèce, le corps monstrueux de Tityos « s’étend sur neuf jugères » et qu’une jugère est égale à un quart d’hectare, calculez la superficie de Tityos en hectares, puis en km2.
2) Le stade, unité de longueur grecque, est égal à 192 mètres. Sachant que dans le Critias de Platon, la surface des terres cultivées dans l’Atlantide est de 6 millions de stades carrés, calculez cette superficie en hectares, puis en km2.
3) Combien faudrait-il de Tityos allongés sur l’Atlantide pour recouvrir l’ensemble des terres cultivées?

CALCULEZ L’ÂGE DE DEMOCHARES!

Démocharès fut un enfant pendant un quart de sa vie, un jeune homme pendant un cinquième et un homme adulte pendant un tiers, après quoi il vécut encore treize ans au seuil de la vieillesse.
Anthologie grecque de Constantin Céphalas

ATELIER ROBOTIQUE

On connaît la contribution des Grecs de l’Antiquité dans le domaine de la philosophie, des beaux-arts et des sciences. En revanche, on ignore leur incroyable performance en matière de technologie. Leurs prodigieuses inventions (de la servante-robot de Philon de Byzance au cinéma de Héron d’Alexandrie en passant par l’horloge automatique de Ctésibios et le calculateur analogique d’Anticythère) couvrent la période allant de 2000 av. notre ère jusqu’à la fin du monde grec antique.

Au cours des ateliers proposés, les élèves ont pu apprendre que les savants grecs…

  • avaient inventé un « cinéma » capable de raconter automatiquement l’histoire d’une légende avec des images animées et un accompagnement sonore,
  • ont mis au point (malheureusement uniquement à des fins de divertissement) des véhicules autopropulsés (« automobiles ») à entraînement automatique, avec variateurs de vitesse, vannes hydrauliques programmables et autres composants complexes,
  • utilisaient des robots fonctionnels afin de les servir (« domotiques »),
  • avaient conçu un prototype de machine à vapeur,
  • avaient recours à des instruments astronomiques et des appareils de mesure complexes de haute précision (comme un calculateur analogique, un « GPS », un théodolite-niveau compact, etc) qui leur ont permis de calculer avec précision des données astronomiques et géodésiques,
  • avaient imaginé d’ingénieux distributeurs automatiques de vente,
  • se servaient d’engins de levage sophistiqués et capables de construire des structures très hautes avec un minimum de main-d’œuvre,
  • possédaient des horloges (et des réveils) qui fonctionnaient automatiquement et en continu sans intervention humaine, etc.

ATELIER MEDECINE

Le vocabulaire scientifique et technique des langues modernes s’accroît sans cesse et continue à se former en grande majorité à partir du grec* ancien et du latin*. Sans ces emprunts, point de fécondation in vitro, de bronchite chronique, de gammaglobuline, d’aspirine, de riboflavine …
Les Grecs, dans leur langue riche, souple, propre à examiner l’approche du réel et l’abstraction, ont posé avec méthode les vraies questions sur notre terre et l’univers ; nous leur devons les bases de notre démarche scientifique et aussi des intuitions géniales. Leurs héritiers directs, les Romains, ont latinisé une grande partie du vocabulaire scientifique grec*.
Un atelier étymons vise à une meilleure compréhension du vocabulaire scientifique d’aujourd’hui en sensibilisant ses utilisateurs au sens des mots par leur étymologie et l’analyse de leurs éléments constitutifs.
Ainsi, cancer, en français donc, est un nom masculin qui vient du latin cancer, cancri (qui signifie, cancre, chancre et crabe). Ce cancer est également la traduction du grec karkinos : « crabe », « chancre », mais encore « pinces » ou « paire de compas ».
Ce serait Hippocrate (460-370 avant notre ère) qui, le premier, aurait comparé le cancer à un crabe, par analogie à l’aspect des tumeurs du sein avec cet animal : il explique que la tumeur est centrée par une formation arrondie entourée de prolongements en rayons semblables aux pattes d’un crabe.
Cette comparaison est reprise ultérieurement par Galien (130-200 après notre ère) qui dans un traité des tumeurs décrit avec beaucoup de précision le cancer du sein : « Maintes fois, nous avons vu aux mamelles une tumeur exactement semblable à un crabe. En effet, de même que chez cet animal il existe des pattes des deux côtés du corps, de même, dans cette affection, les veines étendues sur cette tumeur contre nature présentent une forme semblable à celle d’un crabe. » (Galien in Méthode thérapeutique à Glaucon, livre II)

 

ATELIER ASTRONOMIE

Un jeu de l’oie “céleste”, des dés et des cartes pour revisiter les grandes découvertes des Grecs en matière d’astronomie.

 

Dès l’époque d’Homère et d’Hésiode, quelques constellations et quelques étoiles prises à part avaient leurs noms particuliers. Parmi celles qui, voisines du pôle boréal, sont toujours sur l’horizon de la Grèce, la Grande Ourse, ou Chariot, était la seule qui fût nommée alors.

 

Parmi les planètes, on connaissait également l’étoile du matin, Eôsphoros ou Phôsphoros (aster), que les Romains nommeront Lucifer, et l’étoile du soir, Hesperos (aster), la Vesper des Romains. De bonne heure, on s’aperçut que c’était un même astre (Vénus), compagnon du Soleil, tantôt le précédant dans sa course diurne, et tantôt le suivant.

 

Pythagore savait que la Terre était ronde, et le premier il eut la pensée qu’elle était habitée sur toute sa surface. Parmi les disciples de Pythagore, nous devons citer comme s’étant distingués dans l’astronomie, Empédocle et Philolaüs; ce dernier évoqua le mouvement de la Terre autour du soleil.

Démocrite, le premier, considéra la Voie lactée comme un amas d’étoiles…