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01 mars 2018

Le 1% artistique au lycée Dupuy de Lôme: la sculpture d’un collectif d’artistes

Le 1% artistique dans les constructions publiques

Il s’agit d’une procédure spécifique de commande d’œuvres à des artistes qui s’impose à l’État, à ses établissements publics et aux collectivités territoriales. Depuis 1951, ce dispositif a donné lieu à plus de 12 300 projets se déployant sur l’ensemble du territoire et sollicitant plus de 4 000 artistes. Il témoigne de la volonté publique de soutenir la création et de sensibiliser nos concitoyens à l’art de notre temps. Le « 1% artistique » atteint un public très large et qui n’est pas nécessairement familier des lieux d’exposition.

Le premier projet …

Roger Joncourt, spécialiste de l’acier Corten, un acier doux auto-patinable à l’aspect rouillé dont la teinte évolue dans le temps, propose une sculpture évoquant de grandes voiles pour évoquer le patrimoine maritime de Lorient. En effet, Henri Dupuy de Lôme (1816-1885), ingénieur militaire du génie maritime et fils d’un capitaine de frégate, est célébré au fronton de notre établissement.

Or la maquette présentée par le collectif n’est pas retenue.

 

Le second projet

Les artistes s’orientent alors sur une œuvre évoquant à la fois des morceaux de mégalithes et une coque de navire. Il s’agit toujours d’inscrire la sculpture dans le patrimoine breton.

Cette fois, le projet est accepté.

 

La sculpture du collectif d’artistes, Roger Joncourt, sculpteur, Jean-Paul Jappé et Joël Moulin, artistes peintres, est installée en 1976.

LES ARTISTES

René Joncourt, sculpteur, Mespaul, Finistère

René Joncourt étudie l’art à Anvers, puis à l’Académie royale et à l’Institut national des Beaux-Arts de Belgique, ainsi qu’à Londres, au Royal College of Arts.

À Paris, il est l’élève de Zadkine : « Il m’a appris par exemple qu’on peut rendre un volume par un creux. Qu’une sculpture est avant tout une illusion. Que c’est à nous de faire croire en cette illusion »

Dans ses œuvres, il explore les possibilités des matériaux les plus divers, en particulier les métaux (acier, aluminium ou laiton), la pierre (le granit, l’albâtre, le marbre) ou le béton. Très maniable, le métal lui apparait comme le moyen de faire disparaître la masse et de rendre le volume par des juxtapositions de plans, d’angles et de creux. Il n’hésite pas à laisser parfois visibles les couleurs et coulures du métal, ou bien les traces de soudure.

Les réalisations de Roger Joncourt sont réparties sur l’Hexagone et principalement en Bretagne, en Alsace et en région parisienne.

« Un artiste ne peut pas faire œuvre créatrice s’il ne sent pas le pays où il vit, s’il ne respire pas sa culture, même s’il s’est aussi nourri de culture française et étrangère. Tout sculpteur travaille comme une éponge, il emmagasine, digère, puis restitue ses impressions ».

Jean-Paul Jappé (1936), artiste peintre, Ploemeur, Morbihan

Diplômé des Beaux-Arts de Quimper, de l’Académie Charpentier et des Métiers d’art de Paris, Jean-Paul Jappé travaille comme dessinateur chez l’architecte Henri Conan, puis il enseigne l’architecture à l’école des Beaux-Arts de Lorient de 1970 à 1996.

Sa peinture se décline en deux grands courants, du paysagisme abstrait à la peinture des ports de Lorient.

« À 20 ans, je me suis engagé dans le courant du paysagisme abstrait et j’en suis sorti, d’un coup, dans les années 90. Je me sentais très à l’aise dans ce courant, et puis, en même temps que l’art abstrait – courant majeur du XX e siècle – arrivait en bout de course, j’ai commencé à m’épuiser aussi là-dedans. Je me sentais dans une impasse. D’accord, mais, comment ça se passe, le jour J où on passe à autre chose : on revient le matin dans son atelier avec une blouse neuve et on change tout ? (Rires) On retourne ses toiles contre le mur ! Et on se laisse aller, de surprise en surprise. Je pars sans programme, je cherche la dynamique. Je me suis toujours intéressé aux paysages, à la lumière, ce qui a changé, c’est juste la manière de les retranscrire. »

Joël Moulin (1935-1997), artiste-peintre et pastelliste, Val-d’Oisien d’adoption

En 1959, deux ans après être sorti des Beaux-Arts de Paris, Joël Moulin rencontre le succès : il reçoit le Prix de la Jeune Peinture.

En 1961, le premier Grand Prix de Rome lui ouvre les portes de la Villa Médicis, où, au contact de Balthus, le peintre se détache des influences cubistes du Braque de ses débuts.

De retour d’Italie, en 1965, Joël Moulin entame une démarche vers l’abstraction et la luminosité : le motif est dissous pour finalement disparaître presque totalement de la toile.

Parallèlement, en 1982, alors devenu enseignant à l’Ecole nationale supérieure d’arts de Cergy-Pontoise, il décide de ne plus exposer, aimant avant tout l’acte de peindre Chaque exposition était un déchirement : «Exposer, c’est arrêter sa recherche, précise Florence Moulin, la fille de l’artiste. Or, lui n’avait jamais terminé.»

En 1997, année de sa disparition, Joël Moulin expose de nouveau. « C’est étrange, je suis si heureux en ce moment dans l’atelier. Je vois enfin la lumière. Elle a ouvert la porte et elle est entrée… »

 

Les élèves de 1° inscrits en option Arts plastiques travaillent sur un projet de valorisation de la sculpture. L’idée est de faciliter l’appropriation de cet espace minéral en le végétalisant.